Ce vendredi 25 septembre 2026, c’est la première randonnée 2026/2027 et le temps est celui, radieux, d’une fin d’été même si la campagne arbore déjà quelques couleurs automnales. Certains anciens de notre groupe retrouvent avec plaisir cet itinéraire d’environ 10 km déjà pratiqué en 2019 et 2022. Il s’inscrit dans le Grand Tour du lac de Grand-Lieu et nous fait traverser des zones de marais, des bois, des landes et des vignes. Pour l’essentiel, il nous a offert un décor champêtre et verdoyant à souhait !
Le départ se trouve dans la zone sportive de la ville (rues du Stade et des Sports) et notre groupe (env. 50) a vite rejoint la rive nord de l’Ognon que nous longeons pour gagner le centre du bourg, tourner autour de l’église puis franchir la rivière par le pont Utrillo et poursuivre par le quai des Romains qui a donné son nom à ce parcours en boucle.
On longe le marais de l’île, réputé pour sa biodiversité. Et c’est à mi-parcours que nous croisons l’allée menant au Château du Plessis, un des châteaux sur le territoire communal qui mérite bien un arrêt. Nous ne pourrons qu’en admirer une des façades.
A la pause de mi-parcours, Béatrice a présenté les animateurs et les nouveaux inscrits en leur souhaitant la bienvenue. On retiendra peut-être aussi, au passage, quelques charmants noms de villages ou hameaux (pas tous avec un panneau indicateur !) : la Championnière, la Landaiserie, le Pâtis, les Heuderies, les Plantes, la Haute Gobinière, l’Étournière et la Grande Étournière…
Pont-Saint-Martin (les Martipontains)
Le nom originel du village est attesté comme de Ponte sancti Martini en 1179. La ville est jumelée avec la Pont-Saint-Martin du Val d’Aoste en Italie. Pourtant distantes d’environ 1000 km, leur nom a pour origine la même légende de Saint-Martin. Cette légende est illustrée sur le blason de la ville (adopté en 1991).
Au 6e s., Martin de Vertou, grand voyageur, est en mission d’évangélisation dans la région du lac de Grand-Lieu. Sur son chemin il arrive devant la rivière, l’Ognon (entre Bretagne et Bas-Poitou), large à cette époque, se demandant comment la franchir. Le diable lui propose alors un marché que Martin accepte : il peut construire un pont en une nuit si Martin lui accorde la première âme qui le franchira ! Au matin, Martin se présente au bout du pont où l’attend le diable, impatient de recueillir son âme. Mais le moine ouvre alors son sac d’où s’échappe un chat qui empruntera aussitôt le nouveau pont ! Martin fut ainsi le second vivant à traverser le pont et ne trahit donc pas sa promesse.
Sur le blason, la macre (= plante aquatique) à gauche est une châtaigne d’eau qui donnait une farine consommée sur place ; la fleur de lys rappelle la fidélité des habitants à la royauté, durant les guerres de Vendée. Pont-Saint-Martin fut alors très touchée : 18 % de ses habitants seront tués pendant le conflit, de nombreuses maisons détruites. En 1865 Pont-Saint-Martin a été divisée pour donner naissance à la commune des Sorinières.
Pont Utrillo
L’artiste ne vint sans doute jamais à Pont-Saint-Martin mais il a réalisé deux tableaux du pont et de l’église, sans doute d’après des cartes postales (en 1918 et 1934), dont l’un est au Centre Pompidou, Paris).
L’Ognon
La rivière (près de 50 km) prend sa source en Vendée à Saint-Sulpice de Verdon (altitude 69 m) et se jette dans le lac de Grand-Lieu. Elle fut jusqu’au 19e s. l’axe commercial principal pour la ville ; l’acheminement des matériaux se faisait depuis Nantes par la Loire via l’Acheneau et le lac. Un port se trouvait au niveau de l’actuel pont.
Quai des Romains
Les noms de certains lieux accréditent la présence de Romains sur le territoire de « camp ruiné », « camp des Romains ».
Château du Plessis (15e -17e s.)
Il est en partie classé depuis 1975 pour sa toiture et ses élévations. C’est l’ancienne demeure des vicomtes de Rezé (à partir de 1404) qui sera le siège de la seigneurie de Pont-Saint-Martin sous Louis XV puis la propriété d’un riche armateur nantais. Il a gardé « toute la majesté des siècles antérieurs et présente beaucoup de charme avec ses jardins et ses roseraies ». Il a été racheté en 2011 et rénové et propose gîtes et chambres d’hôtes. Le parc et les jardins se visitent durant les Journées Nationales du Patrimoine.
Béatrice, Nadine, Thierry
Gilles, rédacteur, ex-animateur
Photos : Béatrice, Gilles







