Atelier Cuisine de mars 2025
Original ? Légumes oubliés, je vous aime !
Ce mois-ci : le navet
En ce mois de mars, lors de nos deux séances post-exposition, nous avons cuisiné le navet… peut-être pas parmi les légumes oubliés mais très anciens. Et quand même assez peu présent sur les tables !!! Surtout maintenant.
Au menu :
- Tatin de navet au miel
- Sauté d’agneau aux petits navets nouveaux
- Bricks aux navets caramélisés, gingembre, miel, chèvre et romarin
- Carpaccio kiwi-banane et son petit financier.
Comme d’habitude, tout le monde a bien apprécié… Il faut entendre le silence quand tout le monde mange… C’est impressionnant ! Même ceux qui n’aiment pas spécialement les navets et ont fait la grimace au début ont trouvé le tout très bon.
Pour le 3ème trimestre, cela va être un peu difficile de trouver d’autres légumes oubliés.
Alors nous allons aller de nouveau vers les légumes anciens.
Rendez-vous au mois d’avril pour d’autres découvertes.
Tatin de navets au miel
Pour 4 personnes : 4 beaux navets – 1 pâte brisée – 1 orange bio – 2 c à s de miel liquide – 1 c à s de sauce soja – 1 c à s de vinaigre balsamique – 10 g de beurre – 1 branche de thym – sel et poivre.
Pelez les navets et coupez-les en tranches. Prélevez le jus de votre orange – Poêlez vos tranches de navets dans le beurre sur feu moyen pendant 5 min. Dans une casserole, chauffez le miel avec la sauce soja, le vinaigre balsamique et le jus d’orange. Versez ce mélange sur vos navets et faites cuire une quinzaine de minutes. Disposez harmonieusement vos navets dans un moule à tarte. Faites réduire votre jus jusqu’à obtenir la consistance d’un sirop. Versez-le sur vos navets. Recouvrez l’ensemble de pâte feuilletée. Faites quelques petits trous à la surface. Enfournez à 180° pendant 30 min.
Démoulez votre tatin et agrémentez-la de thym frais.


Sauté d’agneau aux petits navets
Pour 4 personnes : 1,5 kg de collier d’agneau coupé en morceaux – 2 bottes de navets – 1 boite de 250 g de tomates en dés – 10 brins de menthe – 10 brins de persil – 2 gousses d’ail – 1 orange bio – 1 citron bio – 5 cl d’huile d’olive – 10 cl de vin blanc – sel et poivre.
Préparez la gremolata : lavez les herbes et ciselez-les finement. Pelez et hachez l’ail. Récupérez les zestes des agrumes et mélangez le tout dans un bol avec la moitié de l’huile. Mettre de côté.
Versez l’huile restante dans le fond d’une cocotte et faites dorer les morceaux de viande sur chaque face pendant 5 min. Versez le vin blanc, laissez-le un peu s’évaporer avant d’ajouter les tomates et un verre d’eau. Assaisonnez et laissez cuire à feu doux pendant 1h 30.
Pendant ce temps, pelez les navets, conservez un peu de fanes et faites-les cuire à l’eau bouillante 10min. Égouttez-les et mettez dans la sauteuse avec la moitié de la gremolata 15 min avant la fin de cuisson. Rectifiez l’assaisonnement et servez bien chaud.

Bricks aux navets caramélisés gingembre, miel, chèvre et romarin
Pour 4 personnes : 4 feuilles de bricks – 20 ml de miel – 100 g de bûche de chèvre frais – 1 navet long blanc daïkon (300g) – 50 g de mâche – 3 cm de gingembre – un peu de romarin séché – sel, poivre, huile d’olive, beurre et vinaigre.
Préchauffez votre four à 200°
Pendant ce temps, épluchez et coupez le navet en petits dés. Portez à ébullition une casserole d’eau salée. Faites cuire le navet 15 à 20 min jusqu’à ce qu’il soit fondant.
Pelez et hachez finement le gingembre.
Une fois le navet cuit, dans une sauteuse faites fondre une noix de beurre et faites revenir le navet, le gingembre, le miel et le romarin 1 à 2 min. Salez et poivrez et remuez régulièrement.
Coupez la bûche de chèvre en petits morceaux.
Faire trempez la feuille de brick dans une assiette remplie d’eau, la pliez pour former un rectangle. Mettre une cuillère de garniture au bord, ajoutez un peu de chèvre et pliez pour former un triangle.
Déposez sur une plaque allant au four, arrosez d’un filet d’huile d’olive, salez et poivrez.
Enfournez 10 à 15 min jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées.
Assaisonnez la mâche et servir l’ensemble.




Carpaccio kiwis-bananes
Pour 4 personnes : 6 kiwis verts – 4 bananes – 1citron vert – 1 brin de menthe – 40 cl de jus d’oranges – 2g d’agar-agar – 1 sachet de sucre vanillé.
Faites chauffer le jus d’orange avec le sachet de sucre vanillé, ajouter l’agar-agar en mélangeant bien. Faire bouillir 2 min. Laisser refroidir et mettre au froid au moins 1 heure.
Éplucher les bananes et les kiwis et les couper en fines rondelles de grosseur égale.
Étaler un peu de crème à l’orange dans les assiettes et disposer les rondelles de fruits en alternant.
Prélever le zeste et le jus du citron vert et ajouter-les sur les carpaccios. Décorer de feuilles de menthe.


Financiers
Pour 6 personnes environ : 75 g de beurre – 150 g de sucre – 50 g de farine – 50 g de poudre d’amandes – 4 blancs d’œufs – un peu de vanille et de sel.
Préchauffez le four à 200° ( th 6-7 ). Beurrer les moules à financier. Mélangez la poudre d’amande, la sucre, la farine et la vanille. Montez les blancs en neige ferme avec une pincée de sel et ajoutez-les au mélange précédent. Faites fondre le beurre et ajoutez -le à la pâte.
Versez dans les moules et mettez au four 15 à 20 min.

Le navet
Originaire d’Europe, le navet est également présent en Inde depuis des siècles.
Des fouilles archéologiques ont permis de comprendre que le navet était autrefois cuit sous la cendre. Jusqu’au XVIIIème siècle, il était consommé au quotidien dans toute l’Europe. Mais il fut rapidement remplacé par la découverte de la pomme de terre.
Les humains ont probablement domestiqué le navet près de l’Afghanistan actuel il y a 3500 à 6000 ans avant de les répartir vers l’est et l’ouest.
Il fait partie de la famille des choux. Il est riche en potassium, magnésium, phosphore et en fibres. Il est peu calorique car il est principalement composé d’eau.
La France est le 3ème producteur européen. On en consomme environ 900 kg par ménage et par an.
Depuis des siècles, la langue lui fait des misères : il faut réhabiliter le navet !
Devenu l’incontournable synonyme des films que l’on aurait préféré ne pas voir, le sort linguistique du navet est une injustice qu’il faut faire cesser !
Mais pourquoi tant de haine ?
Telle est la question qui vient à l’esprit lorsque l’on se penche sans parti pris sur le sort du navet. Car depuis les origines, le nom de cette plante potagère désigne à son corps défendant une joyeuse collection d’infirmités, de bassesses, quand on n’est pas dans un registre carrément funèbre …
L’expression la plus courante n’est pas née dans les salles obscures, mais dans les ateliers de sculpteurs au XIXème siècle : les mauvais plâtres, sans inspiration ni talent, présentaient quelques ressemblances avec la chair de cette racine , d’où le nom péjoratif de « navet ».
Lorsque le nom est employé pour désigner une personne, c’est selon les cas un imbécile, un cave ou un peureux. « Avoir du sang de navet dans les veines » est une version passée de mode de l’expression « mou du genou ». Nos cousins québécois parlent d’« avoir des navets dans les mollets » Quand au champ de navet, c’est ainsi qu’on nommait autrefois le cimetière d’Ivry sur Seine où l’on enterrait notamment les condamnés à mort.
C’est d’autant plus injuste que la chair du navet est une délicatesse, légèrement sucrée, toute en nuance, qu’un gastronome sait reconnaître comme la compagne idéale d’un fond de faitout. C’est d’ailleurs sur le marché que le navet trouve parfois un peu de réconfort linguistique, à travers ses appellations qui ne manquent pas de noblesse : avec le navet de Nancy à collet rouge, le demi-long de Croissy ou le jaune d’Écosse, on est loin du crucifère réputé sans saveur et c’est surtout oublier un peu vite qu’avant l’arrivée de la pomme de terre le navet constituait le légume de base le plus abordable et le plus répandu. C’est sans doute pour cette raison que dès le XIIIème siècle le navet signifiait quelque chose de peu de valeur.