Le groupe 10 km à Nantes – Erdre

Le groupe 10 km à Nantes – Erdre

Une quarantaine de randonneurs, qui ne s’étaient pas laissé décourager par une prévision météo maussade, débutent le parcours de ce 6 février 2026 à Nantes – l’Éraudière pour gagner rapidement la rive gauche de l’Erdre. La rive est longée jusqu’à l’île de Versailles que nous avons traversée pour poursuivre sur l’autre bord.
Après le pont de la Tortière, le chemin de halage n’étant pas praticable, nous avons dû faire un détour qui fait passer par le Petit-Port et cheminer le long du Cens pour reprendre ensuite la rive de l’Erdre jusqu’au pont de la Jonelière.
La rando se terminera, de nouveau rive gauche, par la traversée du domaine et du parc floral de la Beaujoire. C’est là qu’une averse a apporté une légère fausse note à un après-midi ensoleillé, déjouant ainsi la météo pessimiste.
C’est un parcours particulièrement gratifiant qui fait découvrir ou revisiter avec bonheur les nombreux attraits des rives de l’Erdre, belle rivière dont on ne saurait se lasser ! A faire et à refaire ! Par exemple au printemps quand, entre autres, l’île de Versailles et le parc de la Beaujoire ont recouvré leurs plus beaux atours.

Photos Béatrice, Gilles

Béatrice – Nadine – Thierry
Gilles, rédacteur, ex-animateur

L’Éraudière aurait été jadis la propriété d’un certain Raud ou Eraud. Le suffixe -ière vient du latin aria signifiant « propriété de » et indique l’existence en ce lieu d’un domaine ou d’une tenure (terre accordée par le seigneur) dont le nom était associé à celui de son propriétaire. La famille La Tullaye possédait encore en 1970 près de 100 ha à l’Éraudière.

L’Erdre naît à Erdre-en-Anjou (Maine-et-Loire) à 20 km environ au nord-ouest d’Angers et rejoint Nantes au terme d’un parcours de près de 100 km. Le nom viendrait du celte ered qui se rapporte à un écoulement ; la plus ancienne forme attestée fin du 11è s. : « erda » ; en breton : « Erzh ».

La vallée suscite toujours admiration et étonnement face à la pérennité de la qualité de ses paysages ; « la plus belle rivière du royaume » selon la mythique remarque attribuée à François 1er, alors qu’elle est étroitement liée au développement nantais et aménagée depuis près de quinze siècles. Après Nort-sur-Erdre, elle s’élargit et devient navigable jusqu’à Nantes. La partie empruntée par le Canal de Nantes à Brest traverse les marais de Mazerolles entre Saint-Mars-du-Désert et Sucé-sur-Erdre. De nombreux manoirs, parcs et châteaux sont établis le long de ses rives. Ses 500 derniers mètres ont été comblés pour devenir un des axes principaux de Nantes, le cours des 50-Otages et la rivière, déviée, passe aujourd’hui par le tunnel Saint-Félix avant de se jeter dans la Loire via le canal Saint-Félix.

Un site pour plus de détails pour les passionnés

Une île artificielle (1,7 ha) réalisée avec des matériaux de terrassements et de dragages lors du creusement du canal de Nantes à Brest. L’île, représentée sur un plan de 1761, reste une zone marécageuse avant 1831, année où débute la réalisation. Le nom de « Versailles » lui a été attribué en 1878 en référence à une vaste propriété baptisée « Le petit Versailles » qui s’étendait de la route de Rennes (actuelle rue Paul-Bellamy) aux rues Châteaubriand et Adolphe-Moitié.

La ville en a terminé l’acquisition des dernières parcelles en 1986 et les travaux d’aménagements commencèrent à l’issue d’un concours d’architectes lesquels, associés à un paysagiste, sur le thème général du Japon. Trois constructions vont ainsi s’inspirer de l’habitat traditionnel japonais : la capitainerie, la Maison de l’Erdre (et son jardin zen) et le restaurant à l’extrémité de l’île. Le paysage comporte des rocailles, des cascades et des pièces d’eau dans un décor de plantes et végétaux exotiques. Le jardin a été inauguré le 11 septembre 1987.

Le nom de Petit-Port se rapporte au petit bassin formé par le Cens à son embouchure dans l’Erdre. C’est un des quartiers les plus arborés de Nantes, très entouré de verdure ; il est traversé par le Cens et par l’Erdre. C’était une résidence de l’évêque de Nantes puis d’une congrégation de religieux. En 1793, le manoir et sa métairie sont vendus comme bien national au Dr Laënnec, oncle du célèbre médecin inventeur du stéthoscope. Le domaine sera acquis par la ville en 1879. Le centre de loisirs du Petit-Port a été inauguré en 1984.

Le Cens prend sa source sur la commune de Vigneux-de-Bretagne, au lieu-dit Beauregard, puis parcourt le golf de Nantes au sud de Vigneux. La vallée du Cens s’étend sur 23 km et la rivière pénètre dans Nantes dans le quartier du Pont-du-Cens à proximité du parc de la Gaudinière. Classée en partie en Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique, la vallée participe au maintien des grands équilibres naturels du territoire local.

Le premier viaduc ferroviaire de la Jonelière fut construit en 1878 pour permettre le franchissement de l’Erdre par la ligne ferroviaire Nantes – Châteaubriant. Il avait été détruit par l’armée allemande en août 1944 puis reconstruit en béton armé en 1948 (pont-arc d’une portée de 95 m). Fermé, comme la ligne, en 2008, il est rouvert en 2014 après la modernisation de l’infrastructure pour les circulations du tram-train de Nantes à Châteaubriant. Le tablier a alors été élargi afin de permettre aussi la circulation des piétons, des deux roues, et éventuellement du tramway.

La Beaujoire est un quartier situé au nord-est de Nantes. Associé au quartier de la Halvêque, il forme l’un des micro-quartiers faisant partie d’un ensemble administratif plus vaste le quartier Nantes-Erdre. Le parc floral de 14 ha, créé à l’occasion des Floralies en 1971, laisse voir, entre autres trésors botaniques, des milliers de roses de 700 espèces différentes et 400 espèces de magnolias (la collection nationale de référence du magnolia). Un atout de ce parc, en plus de sa magnificence florale, c’est d’offrir de beaux points de vue sur l’Erdre.

On peut y admirer Le Siesteur, un personnage géant conçu par Jean Jullien dans le cadre de l’exposition Filili viridi au Jardin des Plantes en 2001 (cf photo mise en avant).