Le groupe 6km à Rezé


Cette dernière randonnée du trimestre, éloignée des vacances de Noël, donc sans bonnet rouge, mais avec des petits sablés et un car, avait un air de promenade touristique. Il s’agit d’une boucle sur la commune de Rezé, autour d’une zone industrielle et commerciale, autrefois une forêt dont il reste une partie protégée par des préoccupations archéologiques. Un beau temps nantais (quelques gouttes de pluie).

Photos : Annie, Françoise, Marie-Christine, Martine, Philippe

Martine et Gilles

Basse-Île est un ancien village situé sur la rive sud de la Loire, depuis intégré à Rezé.
La Basse-Île et le village voisin de la Haute-Île formaient l’île des Chevaliers, aujourd’hui disparue.
Autrefois l’île des Chevaliers et l’île de Trentemoult constituaient les îles de Rezé cernées au nord par la Loire et au sud par le Seil et séparées entre elles par le Courtil-Brisset, le comblement de ces deux derniers au milieu du XIXe siècle a mis fin à cette insularité.

Selon la légende, Trentemoult devrait son nom à un exploit guerrier qui eut lieu lors du siège de Nantes par les Normands au IXe siècle, trente moult braves chevaliers auraient combattu contre les hommes du nord.
A Basse-Île, la promenade de la zone industrielle de Trentemoult le long de la « mangrove » ligérienne nous mène au port de Trentemoult d’où nous pouvons apercevoir l’Île de Nantes et ses grues.
Nous flânons sur les quais, impossible de ne pas s’émerveiller devant les anciennes maisons bourgeoises colorées, les restaurants et boutiques décorés pour les fêtes.
Une petite pause sur le ponton Trentemoult-Roquios ; celui-ci n’est plus en service depuis début novembre, les navibus qui relient Trentemoult à la gare maritime et au Bas-Chantenay partent du nouvel embarcadère plus en aval, aux anciennes sablières.

L’embarcadère « Le Roquio » doit son nom au 1er bateau à vapeur assurant à partir du 20 août 1887 un service de passager sur la Loire entre Nantes (ponton de la Fosse) et le village de pêcheurs de Trentemoult.
Bientôt Roquio devient un nom générique qui désigne l’ensemble de la flottille, désormais dans le langage courant on prend le Roquio.
Le Roquio est le premier de la série des huit omnibus de Loire, les autres unités de la flottille portent les noms de quartiers nantais : Les Couêts, Bouguenais, Roche-Maurice (rebaptisé Laisser dire), Chantenay, Trentemoult, Rezé, Salorges (qui sera rebaptisé Pont-Rousseau).
Le Roquio a été construit à Chantenay, les autres par les chantiers d’Argenteuil dans le Val d’Oise.

Après 83 ans, le service a cessé en 1970 faute de passagers.
La Semitan a renoué avec la tradition de la navette fluviale en 1995 : le Navibus sur l’Erdre. Il faudra attendre 2005 pour qu’une desserte sur la Loire soit mise en œuvre entre Trentemoult et la gare maritime. La liaison est assurée par deux bateaux : L’Île de Nantes et Le Chantenay.
En 2020, une deuxième desserte de passagers sur la Loire est mise en œuvre entre le quai du Président Wilson et le Bas-Chantenay, en 2025 l’embarcadère du Roquio devenu trop petit est remplacé par celui des Sablières.

Nous arrivons ensuite à la place des Filets ; là, nous nous arrêtons au Pendule de Roman Signer ; cette œuvre contemporaine a été érigée dans le cadre du voyage à Nantes 2009 sur une ancienne centrale à béton.
La centrale à béton, construite dans les années 1960, est désormais inutilisée.
Un pendule de 7 m s’accroche au bâtiment. Cette horloge absurde, sans aiguille, bat le temps régulièrement et inexorablement, elle marque la lente déchéance du bâtiment.
Le pendule rythme le flux du fleuve et rend hommage à sa violente mais aussi tranquille puissance.
Roman Signer est né le 19 mai 1938 à Appenzell en Suisse, il a une fascination pour les espaces désaffectés, pour la simplicité et la modestie des objets qu’il ne cesse de mettre en place.

La suite du circuit nous emmène à Rezé après avoir traversé la route de Pornic au rond point de la Loire, nous passons devant l’ancien monastère des Couets hébergeant aujourd’hui la formation des apprentis d’Auteuil.
Au XIXe siècle, les nouveaux bâtiments du monastère hébergent « le petit séminaire nantais » qui fut un établissement scolaire accueillant de jeunes garçons destinés à devenir prêtre. Au XXe siècle, la propriété est rachetée par la fondation d’Auteuil, l’établissement catholique devient un lycée hôtelier : aujourd’hui le lycée professionnel hôtelier privé Daniel Brollier.
Nous nous dirigeons alors vers le Fougan de Mer pour rejoindre le Parc de Dundalk traversé par le ruisseau de la Jaguère. La pause est l’occasion de partager les traditionnels sablés de Noël !

Nous rejoignons le boulevard Le Corbusier pour arriver à la dernière étape du circuit : la Maison Radieuse, son parc et l’évocation du célèbre architecte.
La Maison Radieuse n’est pas un immeuble, c’est un lieu de vie conçu comme un village vertical. Le marchand de journaux, la poste, la cabine téléphonique ont disparus mais l’école maternelle sur le toit à 52 m de haut (ce qui en fait l’école la plus haute de France) accueille les enfants des quartiers environnants et un petit marché y a lieu toutes les semaines.
Elle comporte 294 logements allant du studio au T6.
Le parc de 3ha à l’origine sera rapidement agrandi par l’acquisition d’un champ mitoyen.
Le bâtiment est classé monument historique depuis 2001 ; les abords, le parc et le hall sont en accès libre pour tout visiteur individuel ou en petit groupe. La visite complète se fait sur RDV auprès de la mairie.

Le Corbusier (Charles Édouard Jeanneret) est un architecte urbaniste, peintre et sculpteur. Il est né le 6 octobre 1887 en Suisse puis est naturalisé français en 1923, il décède le 27 août 1967 à Roquebrune Cap-Martin, dans le sud de la France.
Il a construit cinq immeubles sur le même modèle, pourtant différents :
de 1947 à 1955, la Maison radieuse de Marseille appelée par les Marseillais « La maison du fada » puis celle de Rezé
de 1955 à 1968, les unités d’habitation de Berlin, de Briey-en-Forêt (Meurthe-et-Moselle) et de Firminy (Loire)
Entre 1905 et 1965, Le Corbusier, outre 143 œuvres d’art, a construit 79 bâtiments, maisons, immeubles, établissements religieux, maisons de la culture, stades dont celui de Fiminy … aujourd’hui il en subsiste 65 protégés pour la plupart.