Le groupe 10 km du Portillon à la Ramée

Le car nous débarque au Portillon au sud-est de Vertou. Notre rando de ce 28 novembre 2025 regroupe 34 personnes pour un parcours en boucle de 10,3 km. Nous avons eu la météo prévue, c’est-à-dire la pluie tout l’après-midi, sauf une brève accalmie vers la mi-parcours. L’itinéraire débute par la traversée du pont du Portillon puis par la berge de la Sèvre nantaise en passant par le hameau de la Ville Bachelier. C’est surtout sur les deux premiers kilomètres que le chemin était jalonné de nombreux passages boueux. Capes, capuches et parapluies étaient de rigueur et nous avons cheminé tour à tour sur des sentiers humides, caillouteux, sur de l’herbe mouillée, sur des lits de feuilles mortes. C’est bien souvent que le paysage se réduisait à notre environnement immédiat, plutôt bucolique ou champêtre pour ce qu’on pouvait en voir, et aussi aux anoraks et capuches de ceux qui nous précédaient… Nous quittons alors le bord de la rivière pour décrire une courbe dans la campagne qui nous ramène ensuite sur la rive au terme d’une longue descente. C’est là que nous longeons le vaste domaine des Hauts-Thébaudières. Ce sera ensuite le port de La Ramée puis, en montant, le village du même nom. Toujours sous la pluie, un cheminement campagnard avec des vignes nous fera passer par les villages de la Cassardière et de la Grande Noé. Après les villages du Pâtis Forget et de Pierre Percée nous serons en vue de l’hippodrome puis du pont de Portillon. Un effectif réduit pour cette randonnée sous la pluie qui n’a nullement entamé la bonne ambiance, et des sentiers tout de même praticables pour un itinéraire intéressant à travers vignes et campagne et autour de la Sèvre. A refaire donc !

Depuis le pont du Portillon, on devine sous la pluie le château de la Frémoire qui surplombe la Sèvre. Ce château, en partie détruit par un incendie lors des combats de 1793, abrite désormais un pôle viticole (visite et dégustation durant les Journées du patrimoine) : le syndicat des producteurs de vin ou « Maison des Appellations ». Le Portillon, c’est aussi une des extrémités d’un sentier d’interprétation – sur 8 km avec 17 panneaux explicatifs. Il y est question de la Sèvre, des crues, des prairies inondables, de l’érosion des berges, de la navigation, de la pêche, des bateaux-lavoirs, de l’importance du vignoble, de points de vue historiques, des demeures vertaviennes, etc.

La Sèvre nantaise est le dernier grand affluent de la Loire. Ses sources, localisées sur les communes du Beugnon et de Neuvy-Bouin, se situent à 215 m d’altitude sur une crête, bien nommée « le château d’eau des Deux-Sèvres ». La rivière a un parcours sinueux de près de 140 km qui traverse plusieurs départements et elle se jette dans la Loire à Nantes au Pont Rousseau ; elleest navigable du pont de Monnières au confluent avec la Loire, soit 21 km. Elle a longtemps permis de transporter vin et sable vers l’aval, céréales, chaux, bois et pierre vers l’amont.

Depuis l’époque médiévale, jusqu’à 143 moulins et industries hydrauliques ont été installés sur ses rives. Cette densité rend compte de l’importance de l’énergie hydraulique au cours des siècles passés et de son rôle majeur dans l’activité économique du territoire : production de farine, de papier, et d’électricité pour divers usages. Certains de ces moulins, qu’ils soient restaurés ou non, constituent un patrimoine traditionnel apprécié.

C’est un hameau sur les bords de la Sèvre nantaise au sud de Vertou avec un petit port de plaisance. Le mot fait référence à un endroit boisé et ombragé. C’est un havre de paix, un endroit romantique propice à une pause tranquille ou à une promenade sur les berges sauvages de la rivière. Près du pont de la Ramée se trouve la confluence avec la Maine (cf muscadet de Sèvre-et-Maine). Jusqu’au 19e s. il y avait là une activité importante, en partaient des gabares chargées de fûts de vin et d’eau de vie, y arrivaient des chargements de céréales, de chaux, de bois. Un bac très fréquenté était en service avant la construction du pont.

Le site de la Ramée est apprécié du castor, le plus gros mammifère rongeur d’Europe, dont l’activité se déploie surtout la nuit. L’animal a bénéficié d’opérations de réintroduction dans les années 1970. Il est, avec la loutre, une espèce protégée emblématique de la Loire, des îles et des zones humides et particulièrement de la Sèvre nantaise. Le retour de l’espèce a été observé pour la première fois en Loire-Atlantique en 1998. C’est une espèce autochtone et non une espèce invasive comme le ragondin.

Ce domaine de 12 ha appartenant à la ville de Vertou est un Institut médico-éducatif, autrefois préventorium antituberculeux puis centre d’accueil d’enfants handicapés et désormais Institut pour aveugles et déficients visuels, et aussi pour déficients intellectuels.

Photos Béatrice et Gilles

Béatrice – Nadine – Thierry
rédacteur, ex-animateur, Gilles